Les propositions de Dominique Voynet[1]
- Créer des emplois grâce à la conversion écologique de l'économie : selon une étude de la commission européenne publiée en 2005 chaque million de dollar investi dans l'électricité nucléaire pendant un an permet de créer 4 emplois. Le même million de dollar investi dans l'efficacité énergétique (isolation des bâtiments...) permet d'en créer entre 12 et 16. L'abandon de l'EPR dont le cout est évalué au minimum à trois milliards d'euros et l'investissement de cette somme par exemple dans l'isolation des bâtiments créerait environ 16 000 emplois nets. Cette solution serait donc à la fois plus créatrice d'emplois et plus protectrice de l'environnement[2].
- 17 millions de logements ont été construits en France avec des normes d'isolation très faibles. Résultat : la facture pour leurs habitants ne cesse d'augmenter et pour une personne à bas revenu, le gain lié à la prime pour l'emploi a été totalement compensé par l'augmentation de la facture d'électricité l'an passé. Un grand plan d'isolation des bâtiments sur la mandature serait donc créateur d'emplois, générateur de gains de pouvoir d'achat et positif pour l'environnement. D'autres exemples pourraient illustrer le potentiel de créations d'emplois de la conversion écologique de l'économie, que nous évaluons à 400 000, et le cercle vertueux engagé liant positivement emplois de proximité non délocalisables, pouvoir d'achat et diminution de l'empreinte écologique.
- À ces 400 000 emplois nets, il faut ajouter ceux qui pourraient être créés par l'extension des 35 heures dans les PME. L'Insee estime à 350 000 le nombre d'emplois entre 1997 et 2002 par la RTT. Son extension aux petites entreprises, sous réserve de modalités d'application intelligentes, pourraient créer environ 100 000 emplois.
- Engager une réforme profonde de la formation professionnelle. Une partie des emplois liés aux mesures évoquées plus haut ne peuvent pas être pourvus à court terme faute d'offre suffisante sur le marché du travail. En lien avec les régions, des plans sectoriels de formation professionnelle initiale et continue seront mises en oeuvre pour créer ces emplois dans les territoires. Par ailleurs, nous souhaitons aller vers la sécurisation des parcours professionnels pour donner corps notre ambition de pleine activité. Nous proposons de passer progressivement du contrat de travail au contrat d'activité, qui intègre dans le même contrat une activité salariée, mais aussi, notamment, des droits à formation sous la forme d'un capital de départ et non de droits acquis, un droit à indemnité chômage, quelle que soit la situation antérieure de façon à limiter l'exclusion des jeunes des allocations chômage...
- Pour les Verts, la création d'emplois et la lutte contre le chômage passe donc par d'autres moyens que la précarisation des contrats. La levée de bouclier contre le CPE a montré que la société française, et notamment les jeunes, refusait d'avoir à choisir entre la précarité et le chômage. La dégradation continue des conditions d'insertion des jeunes dans la vie active n'a pas fait baisser le taux de chômage des jeunes. Nous voulons donc supprimer le CNE et nous prenons l'engagement de ne pas proposer de nouvelles formes de contrat qui aboutirait à une précarisation des situations des salariés.
- Pour lutter contre une forme particulièrement insupportable de précarité, celle des travailleurs pauvres, qui touchent 1,2 million de personnes dont 80 % de femmes, nous proposons d'introduire un système où le coût du travail des premières heures travaillées est majoré d'une prime salariale, pour tout contrat inférieur ou égal à un mi-temps. Cette prime salariale serait intégralement à la charge des entreprises qui seraient ainsi incitées à augmenter la durée du travail de leur salarié à temps très partiel, notamment dans le cadre de l'extension de la RTT. Nous proposons donc un dispositif permettant aux travailleurs pauvres de travailler plus et de gagner plus, tout en aidant les autres à travailler moins via l'extension de la RTT dans les PME.
Notes
[1] Lire également l'économie verte pour ceux qui n'y croient pas
[2] Voir aussi sur ce sujet l'étude du réseau Sortir du Nucléaire (PDF)

