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Municipales : un vrai bilan pour les Verts

Ci-dessous, un article paru dans le journal LE MONDE DU 30 10 2007
Les Verts comptent sur leur bilan pour rebondir lors des municipales de 2008

Un vrai bilan." L'expression de Ronan Dantec, vice-président de la Fédération des élus écologistes, résume le constat tiré tant par les Verts que leurs alliés sur leur place au sein des grandes villes à majorité de gauche. Que ce soit à Lyon ou Nantes, où ils ont fait alliance, en 2001, dès le premier tour avec le maire socialiste sortant ou à Paris et Lille, où ils ont préféré une liste autonome, les écologistes se sont vu reconnaître une utilité politique. L'enjeu des prochaines municipales, en mars 2008, est aujourd'hui vital : affaiblis par le score de Dominique Voynet à la présidentielle (1,57 %) et marginalisés par le succès du Grenelle de l'environnement, c'est leur survie qu'ils jouent.
Ils veulent s'appuyer sur une mandature qui s'achève avec des réalisations tangibles et un poids réel au sein des équipes municipales. Chargés de la gestion des transports, de la voirie et des espaces verts à Paris comme à Nantes, Lille et Lyon, les Verts y ont connu leur épreuve de vérité. "Nous n'avons jamais eu autant d'élus en charge de politiques structurantes", assure M. Dantec. L'image d'irresponsables ou d'insupportables procéduriers leur collait jusqu'alors à la peau. Ils ont su montrer leur connaissance des dossiers comme leur capacité à gérer certaines politiques emblématiques à leurs yeux.

A Paris, le tramway si vite réalisé, c'est eux, disent-ils. La multiplication des pistes cyclables comme le succès de Vélib', également. "Nous avons réussi à porter des innovations concrètes en nous affrontant aux lobbies", assure Denis Baupin, adjoint aux transports. "C'est certain que la coalition a fait le succès de la gauche à Paris, malgré les différences de culture politique. Les Verts ont amené un plus", constate Christophe Caresche (PS), adjoint de Bertrand Delanoë.

Le constat est positif à Lille. Là-bas aussi, on a aussi estimé à leur arrivée qu'il était impossible de faire refluer la voiture mais les chiffres prouvent le contraire : moins 18 % sur la ville. L'opération la plus spectaculaire fut la création du Parc Lebas en plein centre-ville. "Au bout de sept ans, notre action est visible, on a rempli notre rôle", estime Dominique Plancke, président du groupe Verts. "On s'est influencé les uns les autres dans le bon sens du terme", positive la maire socialiste Martine Aubry.

 

"SURENCHÈRE"

 

A Nantes, les neuf élus écologistes ont également infléchi la politique des transports. "Le tramway était déjà là, mais on a développé d'autres modes de déplacement alternatifs. La fréquentation des transports collectifs a augmenté de 20 millions de voyageurs en sept ans", souligne François de Rugy, adjoint aux transports qui met aussi au crédit des Verts le "plan climat" adopté par l'agglomération.

Lyon n'est pas en reste. Avec quatre postes d'adjoint, les élus écologistes revendiquent ainsi la paternité de deux projets les plus emblématiques du mandat de Gérard Collomb (PS) : la transformation des berges du Rhône en parc urbain et les Vélos'v, vélos en libre-service. C'est Gilles Buna, deuxième adjoint Verts, qui a porté ces dossiers. L'autre figure verte, Etienne Tête, a réussi à bloquer le bouclage du périphérique.

Avancées de dossiers en positif, d'un côté, et frein des "penchants productivistes" des socialistes, de l'autre : les Verts continuent de revendiquer leur double stratégie politique. Au grand dam de leurs alliés socialistes qui, s'ils reconnaissent volontiers leur place, savent que ces alliés ne sont pas faciles à gérer.

Bertrand Delanoë peste souvent contre ces partenaires et leurs "comportements qui s'apparentent à de la surenchère".

"Nous avons une culture de la proportionnelle", répond M. Baupin, expliquant que "sur chaque dossier, on négocie et on passe des compromis". Les socialistes parisiens l'ont appris à leurs dépens quand les élus Verts, en désaccord sur la résorption du logement insalubre, menaçaient de ne pas voter le budget.

A cinq mois des mois des municipales, les écologistes maintiennent leur politique d'alliance variable. Les Nantais ont décidé de reconduire leur accord avec le PS, ceux de Paris et Lille préférant partir sur une liste autonome. Les militants lyonnais n'ont pas tranché. Le pari est plus risqué qu'en 2001. "C'est une erreur de faire croire que seuls les Verts ont porté les thématiques écolos. Sans une majorité de gauche, on n'aurait pas pu autant avancer", juge Anne Le Strat, conseillère de Paris qui a décidé de ne pas repartir avec les Verts. Qu'importe les différences de vue pour M. Baupin : "Qu'il y ait autant d'élus de gauche qui veuillent s'approprier notre bilan, c'est aussi notre victoire." 

CHIFFRES :
Les Verts comptent plus de 3 000 élus municipaux. Ils ont réussi leur entrée dans 300 communes de plus de 20 000 habitants.Ils participent à l'exécutif dans 49 grandes villes (de plus de 50 000 habitants), toutes de gauche

Sylvia Zappi (avec nos correspondants)
Article paru dans l'édition du 31.10.07
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